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PISSARO
Portrait
de Paul Cézanne
Eau-forte, état unique
(270x214) 1874.
Cette planche datée fut publiée dans un opuscule d'Émile
Bernard "Paul Cézanne", paru en 1891 dans la collection
"les Hommes d'aujourd'hui", et utilisée pour illustrer
la couverture du catalogue de l'exposition Cézanne chez Vollard
en 1895. Le tirage initial de l'eau-forte fut de vingt épreuves,
il y eut deux tirages de trois épreuves en 1911 , et en 1920, un
tirage de soixante quinze épreuves. Pissaro a représenté
"Cézanne, hirsute, avec sa casquette de chasseur de canards
et une vaste houppelande de roulier, sa tenue pour affronter la bise et
les frimas". La gravure reprend un portrait
à l'huile, que Pissarro conservera jusqu'à sa mort dans
son atelier.
Cézanne fit connaissance de Pissaro en 1861 à l'Académie
Suisse, où il étudia lors de son premier séjour à
Paris. Il séjourna à Pontoise en 1872 chez Pissaro
qui le présenta au docteur Gachet, l'année suivante. L'influence
de Pissarro sur Cézanne fut décisive. Pissarro enseigna
à Cézanne à peindre clair, à chercher la forme
par la couleur, sans recours aux cernes du dessin.
On peut juger de la délicatesse et du discernement de Pissarro,
ainsi que de l'affection quasi filiale que Cézanne lui portait,
au fait que durant les deux années de séjour à Pontoise
et à Auvers sur Oise, Cézanne, qui ne tolérait de
personne qu'on l'observe pendant qu'il peignait, travailla quotidiennement
à côté de Pissarro. Non seulement Cézanne peignit
ainsi les mêmes motifs que Pissarro, mais il fit même des
copies de certains tableaux de son aîné, " pour se
rendre compte de certaines théories", selon le témoignage
de Lucien Pissarro.
Cézanne gardera toujours une affection sincère envers celui
qu'il nommait "I'humble et colossal Pissaro" . "Ce fut
un père pour moi. C'était un homme à consulter et
quelque chose comme le bon Dieu" dit-il à Jules Borély
en 1902. Lorsqu'en 1906, trois ans après la mort de Pissarro, pour
la seconde fois Cézanne exposa à Aix aux Amis des Arts,
il se fit inscrire dans le catalogue comme "élève de
Pissarro". C'était, malgré les tempêtes de l'affaire
Dreyfus, rendre un dernier hommage au maître d'Anvers, dont Cézanne
a suivi dans sa solitude aixoise, l'enseignement moral de probité
laborieuse.
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