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LES QUATRE BAIGNEURS OU LES GRANDS BAIGNEURS Lithographie, état unique (500x410), 1897Cette planche était destinée à un album qui ne fut pas édité. Cézanne dessina directement sur la pierre, puis aquarella cette épreuve de trait pour guider l'imprimeur Clot dans les tirages en couleur. Cézanne y reprend fidèlement une toile de 1875, "les baigneurs au repos". Elle avait été donnée par Cézanne à son ami le musicien Cabaner, puis achetée à la mort de ce dernier par le peintre et mécène Caillebotte, qui la légua avec une cinquantaine d'autres uvres impressionnistes au Musée du Luxembourg. Toutefois l'administration des Beaux Arts refusa la moitié du legs, dont deux des quatre Cézanne: "Le vase rococo", actuellement à la National Gallery à Washington, et "Les baigneurs au repos" à la fondation Barnes. Le personnage debout, mains aux hanches, est inspiré d'une photographie, trouvée collée au dos d'un dessin de Cézanne, et conservée aujourd'hui au Museum of Modern Art, à New York, de même que la toile "le grand baigneur", qui en est inspirée. Cézanne aurait désiré faire poser des modèles nus en plein air. Mais impossible dans une ville de province, conservatrice et bigote. Il confiait à Gasquet, à propos des "baigneuses" :"Ce n'est pas ça... Et puis, allez faire poser ça, en plein air... J'ai bien essayé, lorsque les soldats se baignent, d'aller le long de l'Arc voir les contrastes, les tons de la chair sur les verts... Mais c'est autre chose, ça ne me donne rien, ça ne peut rien me donner pour mes bonnes femmes... Tenez, sacré nom ! comme celle-ci à l'air hommasse... Ça me reste dans l'il, ces pioupious".(1) 1 Gasquet, Cézanne, p.55. L'Arc est la rivière qui passe à Aix, et les pioupious sont les jeunes fantassins dans l'argot du début du siècle. |