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AMBROISE VOLLARD
Paul Cézanne
Livre écrit et édité par Ambroise Vollard en 1914.
Un volume grand in-4° raisin, comprenant une eau-forte originale:
la "tête de jeune fille", et 57 héliogravures.
Le tirage limité à mille exemplaires comprenait les exemplaires
1 à 150 sur papier japon, 151 à 350 sur vélin d'Arches,
et 351 à 1000 sur papier teinté.
C'est le premier livre d'art sur Cézanne.
Le présent exemplaire est sur Papier Japon (n°146). Il est
le livre le plus précieux du monde en ce qui concerne Cézanne :
outre sa reliure en plein maroquin tête de nègre signée
Lavaux, il porte, enchâssée dans la reliure, la
plaque de cuivre originale gravée par Cézanne représentant
"la tête de jeune fille". Ce cuivre doré à
l'or est signé
à l'envers en bas à gauche : "P. Cézanne"
et daté "73". En 1873, Cézanne fait alors un séjour
à Auvers-sur-Oise où il se lie d'amitié avec le Docteur
Gachet qui l'initie à l'art de la gravure.
Dans son dessin à
la mine de plomb dénommé "la
Morsure", Cézanne s'est représenté travaillant
à cette planche sous le regard de Gachet/Van Ryssel. Vollard a
choisi cette eau-forte, considérée comme la plus belle des
cinq gravures de Cézanne par le Docteur Gachet, pour illustrer
le frontispice de son livre.
Cet exemplaire est l'exemplaire personnel d'Ambroise Vollard, le célèbre
marchand de tableaux : le marchand de Cézanne, des impressionnistes
et de l'Art moderne.
Ambroise Vollard,
né à Saint Denis de la Réunion en 1868, et mort à
Paris en 1939, tenait boutique de marchand de tableau, rue Lafitte à
Paris. Il découvrit pour la première fois des tableaux de
Cézanne dans la boutique du père Tanguy, marchand de couleur,
fournisseur et bienfaiteur des peintres impressionnistes, qu'il nommait
"ces messieurs de l'École". Lorsqu'en 1895, le ministère
des Beaux Arts refusa une partie, dont deux Cézanne, du legs de
Caillebotte au Musée du Luxembourg, Vollard, à l'instigation
de Renoir arrêta le projet d'une exposition générale
de uvre de Cézanne. Elle eut lieu en décembre 1895.
Vollard raconte que le premier acheteur qui se fit connaître était
un aveugle, qui palpait les toiles, tandis que son domestique les lui
décrivait.
" Certes, " - comme l'écrit Coquiot, qui avait
cependant lui aussi un penchant à l'outrance - "M. Vollard
emporté par sa bonne humeur et par son ironie, a chargé
son récit. Il l'a picraté de plaisanteries et d'humour."
(1). Mais il faut reconnaître avec lui que "c'est l'insigne
honneur de M. Vollard d'avoir assumé la responsabilité de
cette rude bataille, et de l'avoir fait gagner par Cézanne malgré
les sarcasmes, les cris, les injures, les violences, les rires et les
quolibets ".
1 Gustave Coquiot, Paul Cézanne. Paris, Albin Michel, 1919,
p. 91
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